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taigong788

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Création : 15/07/2009 à 09:05 Mise à jour : Aujourd'hui à 08:53

Le roi Arthur, la réalité derrière le mythe

Il traitera de la question du roi Arthur, une question controversée à multiples réponses. Je me porterai surtout sur les hypothèses historiques, afin de démontrer, qu'Arthur était un personnage historique et non de roman. Cette tentative me fera sans doute des ennemis, mais cela me permettra de faire avancer ma passion pour ce personnage.

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J'espère ainsi que vous pourrez me dire ce qui  vous intéresse dans mon blog afin de répondre au mieux à vos demande.

Merci d'avance.
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#Posté le jeudi 23 décembre 2010 06:25

Modifié le samedi 05 mai 2012 01:36

Arthur, un personnage historique ?

Arthur, un personnage historique ?Des romans de la Table Ronde à la série Kaamelott, de Merlin l'Enchanteur aux Monty Python, les exploits d'Arthur et de ses chevaliers ont nourri un imaginaire merveilleux et foisonnant.
Mais le roi Arthur a-t-il vraiment existé ou faut-il n'y voir qu'une plaisante fiction ? Arthur apparaît comme un personnage à la charnière du mythe et de l'histoire. Les tentatives pour l'identifier sont nombreuses. Les spéculations sont allées bon train dans les milieux universitaires et de nombreuses candidatures ont été avancées sans qu'aucune ne l'emporte définitivement. Dès le XIXe siècle circule l'hypothèse d'un « Arthur du Nord » dont la renommée aurait ensuite gagné le sud de l'Angleterre et le pays de Galles. Cette explication a été relayée aujourd'hui par des spécialistes d'Arthur, tels que Rachel Bromwich, Thomas Jones ou Alfred Jarman. L'Anglais Geoffrey Ashe a pour sa part identifié Arthur à un personnage attesté du Ve siècle, Riothamus, roi des Bretons, qui dans la légende se serait nourri d'une autre figure historique, Ambrosius Aurelianus, un énergique général britto-romain. Pour certains, Arthur serait d'origine romaine. En 1925, le médiéviste Kemp Malone, a émis l'hypothèse que le véritable Arthur pourrait se cacher derrière l'identité d'un chevalier romain appelé Lucius Artorius Castus qui aurait commandé la VIe Légion Victrix, chargée de combattre les Calédoniens (peuple de l'actuelle Écosse). La romancière américaine Linda Ann Malcor a repris récemment cette thèse dans un ouvrage intitulé De Scythie à Camelot et qui a inspiré le film d'Antoine Fuqua en 2004. Pour les autres, il s'agirait d'un authentique chef Gallois. Cette hypothèse se base sur le fait que le roi Arthur apparaît pour la première fois dans les légendes galloises, bien avant d'être repris dans les romans de chevalerie du XIIe siècle. Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles, ou de l'ouest de l'Angleterre, mais l'emplacement exact de sa cour, connue sous le nom de Camelot, reste un mystère. Il aurait repoussé l'invasion des Saxons au début du VIe siècle bien qu'il n'ait jamais été couronné roi.
Arthur, un personnage historique ?Mais, en dépit de leur ingéniosité et de tous les efforts déployés, ces explications ne sont historiquement pas fiables : Arthur, aujourd'hui encore, reste pleinement une énigme.  La légende d'Arthur naît à l'aube du Moyen Age, aux Ve et VIe siècles, malheureusement très mal documentés, où sont contés les exploits d'un chef de guerre breton. Seuls quelques textes, chroniques ou récits hagiographiques, mentionnent le nom d'Arthur ; mais il n'est encore qu'un combattant, un dux bellorum, chef de guerre, qui au début du VIe siècle s'illustre dans les luttes contre les Saxons et défend les terres bretonnes. Mais il faut attendre le IXe siècle pour voir apparaître Arthur dans des sources écrites qui exploitent une matière orale antérieure de plusieurs siècles, et ne sont donc guère fiables. Tout ce que nous savons c'est que l'Historia Brittonum, écrite par Nennius au début du IXe siècle, ou les Annales Cambriæ vers 950, confirment qu'un personnage nommé Arthur a été plusieurs siècles auparavant un chef de guerre important grâce à qui les bretons ont résisté aux envahisseurs.
La quête de l'"Arthur historique" est loin d'être achevée. Les sources écrites d'époque sont rarissimes et sujettes à caution, et les sources archéologiques ne sont guère plus probantes. Les polémiques des historiens ou des archéologues ne sont donc pas prêtes à s'éteindre.
Merci !
Tags : Dark Ages
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#Posté le jeudi 16 juillet 2009 06:12

Modifié le mercredi 19 janvier 2011 01:26

Une Bretagne, en dehors de Rome ?

Une Bretagne, en dehors de Rome ?On a longtemps cru la fin de la Bretagne romaine au début du Ve siècle, mais des découvertes archéologiques et textuelles récentes, conduisent à penser que la fin de la Bretagne romaine se situerait à la fin du VIe siècle ou au début du VII siècle au plus tôt.
Après le départ des romains, ce sont les magistrats, les curiales et les chefs tribaux vont reprendre les rênes du pouvoir. Loin de là, vu la fragmentation politique, montre que  les civitates Romano-Bretonnes  pouvaient-être simplement elles-mêmes au Ve siècle la base des royaumes britanniques du VIe siècle. Du moins au début, ceux-ci pouvaient avoir conservé le territoire et, dans certains cas, le nom de l'ancienne civitas. Les enterrements de cette élite du Ve et VIe siècle ont été le plus souvent célébré par des inscriptions de langue latine que ce qui semble avoir été commun à partir du au IVe siècle en Bretagne (Ken Dark, Britain and the End of the Roman Empire, Stroud, 2001).
Une Bretagne, en dehors de Rome ?Christopher Snyder dans An Age of Tyrants : Britain and the Britons, AD 400-600 en 1998 dément l'hypothèse selon laquelle les villes seraient désertées et l'économie stoppée. Les villes ne sont pas abandonnées (la vie urbaine a certes diminuée mais reste présente), beaucoup montre des traces d'occupation. Les hillforts ont été utilisés comme des établissements d'élite. Ce n'était pas un comportement spécifiquement «celtique», mais une partie pure et simple de la vie de la fin de la période romaine. Ils étaient peut-être beaucoup plus romanisés à ce qu'ils paraissaient en premier. Les occupants ont utilisé des amphores et des poteries rouges fines fabriquées en Méditerranée (Ken Dark, Britain and the End of the Roman Empire, Stroud, 2001).
Le nombreux débris de poterie et de verre attestent de contacts commerciaux avec la Méditerranée. Si depuis la rupture avec Rome de nouvelles pièces n'apparaissent pas, la circulation monétaire des anciennes devises se poursuit assez tard, même si usées, leur valeur correspond dès lors à leur poids et à leur taille (Christopher Snyder, An Age of Tyrants : Britain and the Britons, AD 400-600, 1998). L'activité économique persiste dans certaines villae, tandis que d'autres sont reconverties notamment en monastères. Les cimetières sont typiquement romano-chrétiens, avec des sépultures est-ouest (Ken Dark, Britain and the End of the Roman Empire, Stroud, 2001).
Les sources du Ve et VIe écrite et les inscriptions font allusion à la survie de l'administration bureaucratique de style romain, du droit romain, des poids et mesures romain, et le système scolaire sur le modèle romain afin de former les futurs administrateurs et juges. Des études récentes des écrits de Gildas, par exemple, montrent qu'il avait été formé pour avoir une écriture de haute qualité latine, avait été scolarisé dans l'Antiquité tardive, plutôt qu'au début du système d'enseignement monastique médiéval, et devait bien connaître le droit romain (Ken Dark, Britain and the End of the Roman Empire, Stroud, 2001).
Une Bretagne, en dehors de Rome ?Côté militaire, Christopher Snyder  ne croit pas au départ de toutes les troupes qui assuraient la défense de l'île (An Age of Tyrants : Britain and the Britons, AD 400-600, 1998). Il y a même des indices qui montre que les dirigeants Bretons pourraient avoir tenté en quelque sorte de relancer une fonction militaire romaine de la fin de la période romaine comme le Dux Britanniarum, parce que les forts de cette fonction furent apparemment réutilisés. L'archéologie a montré que les forts du mur d'Hadrien sont tenus par des troupes d'origine germanique. Ainsi, des unités on pu se maintenir dans leur cantonnement. Pendant ce temps, plus au sud, les dirigeants britanniques furent peut être chargés de faire des travaux de terrassement linéaire maintenant connus sous le nom de Wansdyke, sans doute dérivé des défenses linéaire de la période romaine (Ken Dark, Britain and the End of the Roman Empire, Stroud, 2001).
Cela nous permet de voir que la Bretagne n'était ni en dehors de Rome ni en plein déclin, mais vivait sans doute dans un cadre mixte à la fois Breton et Romain.
Merci !
Tags : Dark Ages
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#Posté le vendredi 17 juillet 2009 02:16

Modifié le vendredi 16 décembre 2011 12:31

Les sources historiques concernant Arthur

Si un Arthur historique existe, nous devons voir les principales sources parlant de lui et il faut l'avouer elles sont moins nombreuses et moins fiables que pour Constantin III.
Le principal argument de l'historicité d'Arthur est une compilation historique écrite en latin datant du 9ème siècle, l'Historia Brittonum, attribuée à Nennius. Mais l'auteur semble être un scribe qui a compilé les traditions et les événements de son époque, que l'on appellera le pseudo-Nennius.
L'Historia Brittonum, nous donne douze batailles toutes gagnées par Arthur, dont celle du Mont Badon, bataille célèbre mentionnée par Gildas, où sa seule charge tue 960 hommes. Il y est désigné comme un chef de guerre, un dux bellorum, chargé de coordonner les opérations militaires auprès des rois Bretons ( sont-ils du Nord ou du Sud ? ) contre les Saxons, mais est-ce seulement contre les Saxons, car en voyant les emplacements des batailles, rien n'est moins sûr. En suivant cette théorie, Arthur ne serait pas un roi, tout au plus un militaire ayant profité du manque d'union entre les rois pour s'imposer comme un recours valable, et en dehors des intérêts de ces derniers.
Le peu de détail montre qu'il est soit inventé, mais pourquoi un tel effort alors ? Ou soit il a existé et je pense plutôt que s'il est donné si peu de détail c'est que tous savaient qui était Arthur, où était l'emplacement des batailles, qui étaient ces rois et qui étaient ses ennemis. Aujourd'hui, l'Historia Brittonum est remise en cause au niveau de sa fiabilité historique, car elle mêle légende et faits historiques. La cause en est sans doute les deux autres mentions d'Arthur, dans le passage des "merveilles de Bretagne", avec l'empreinte de son chien Caval, laissée dans la roche lors de la chasse contre le porc Twrch et la tombe de son fils Amhar. Pour David Dumville, cela prouve qu'Arthur est un personnage mythique.
L'autre texte historique parlant d'Arthur sont les Annales Cambriae, datant du 10ème siècle, elles auraient sans doute été composés au 8ème siècle au Pays de Galles. Elle mentionne Arthur deux fois, lors de sa victoire au Mont Badon en 516-518 ( bien que la date de Badon a été baissé par certains dans ces annales en 499 ) et sa mort avec un autre chef de guerre, Medraut ( le futur Mordred ), à la bataille de Camlann en 537-539. Les mentions arthuriennes de l'annale semble ne pas être antérieure au 8ème siècle et furent peut être rajoutées au plus tard au 10ème selon les recherches récentes pour correspondre à celles de l'Historia Brittonum. Mais comme elles s'inspirent de Gildas et d'autres annales ( celle de Tigernach ), on ne peut pas totalement rejeter leur historicité.
Un poème attribué à un poète du 6ème siècle, Aneirin, le Y Gododdin, parle d'un guerrier qui nourissait les corbeaux des cadavres de ses ennemis, "bien qu'il ne soit pas Artur". Ce serait la plus ancienne mention d'Arthur, comme un guerrier devenu une légende sur laquelle on se base pour parler des exploits d'un autre guerrier. Le manuscrit que nous avons de ce passage date du 13ème siècle, mais John Koch pense que ce passage date du 7ème siècle. D'autres plaident pour le 9ème et le 10ème siècle.
Dans le Livre Noir de Carmarthen, l'Elegie à Geraint, parle de la bataille de Longporth que livra Geraint, prince de Domnonée sous les ordres d'Arthur contre les Saxons et où il y trouva la mort. Nous retrouvons ici l'Arthur coordonnant les opérations militaires des rois Bretons. Bien que ce poème soit du 13ème siècle, certains historiens le font remonter au 6ème siècle.
Enfin, les vies de saint bretons, datant pour la plupart du 12ème siècle, nous dépeignent un Arthur brutal, qui semble s'apparenter aux traits de caractère des chefs de guerre du 6ème siècle et des rois bretons de cette époque, dont Gildas brosse un portrait au vitriol. Mais comment s'y fier, car certaines le désigne, comme un miles, un soldat ou un guerrier et, dans d'autres, comme un "tyran". Est-il un roi, ou non, on ne le sait pas dans ce cas là.
J'espère vous avoir donné des pistes sérieuses, merci !
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#Posté le lundi 20 juillet 2009 04:07

Modifié le mardi 21 juillet 2009 09:08

Des contemporains bien silencieux

Ce qui peut étonner au sujet du roi Arthur, c'est le manque de sources contemporaines parlant de lui, il faut dire que les trois principales sources que nous avons sont bien rétives à son sujet.
Voyons d'abord Gildas qui nous parle peu de lui-même dans ses écrits. Il nous dit qu'il est né l'année du siège du Mont Badon et qu'il écrit la quarantième année qui suivit cette bataille. Cependant la date ne fait pas l'unanimité, les suggestions allant de 430 à 520. Au Moyen Âge, il était connu sous le nom de saint Gildas Sapiens (" le Sage ") et jouissait d'une réputation de respectabilité parmi les historiens, dont Bède. Il fit l'objet de deux biographies, l'une bretonne, l'autre galloise, écrites respectivement au 11ème et au 12ème siècle. Peu fiables du fait de leurs dates tardives et donc peu utilisées par les historiens modernes, ces Vitae entretinrent la tradition selon laquelle Gildas serait venu du nord-ouest de la Bretagne et aurait étudié dans une école monastique au pays de Galles. Ses propres écrits ne permettent pas de définir s'il était moine ou un clerc séculier, bien que l'hagiographie galloise fasse de lui un saint monastique et que, dans son culte breton, il soit considéré comme le fondateur du monastère de Saint-Gildas-de-Rhuys. La réputation de Gildas repose principalement sur le De Excidio Britanniae (de la ruine de la Grande-Bretagne).
Il s'agit d'un épître en trois parties implicites : une préface " historique ", une " plainte " contre les rois britanniques et une " plainte " contre le clergé britannique. C'est la préface qui a retenu l'attention des historiens, qui n'a d'historique que le nom. C'est une réécriture historique des événements s'étant déroulés pendant l'occupation et le retrait romains, dont le seul but est d'illustrer le mauvais comportement des Bretons. Cependant ce sont les plaintes qui trahissent le mieux les intentions de l'auteur et les intérêts des lecteurs de l'époque. Sa plainte contre les rois s'ouvre sur " La Bretagne a des rois, mais ce sont des tyrans; elle a des juges, mais ils sont cruels ". Gildas s'adresse alors à cinq de ses contemporains où il rappelle leurs vies et leurs actions : Constantin de Dumnonée, Aurelius Caninus, Vortipor des Demetae (aujourd'hui appelé Dyfed), Cuneglasus, et enfin Maglocunus (Maelgwn). Il les déclare tous cruels, cupides et pécheurs. Ces cinq monarques semblent avoir régné en pays de Galles et dans le sud-ouest. La plainte contre le clergé tout aussi pittoresque s'ouvre sur: " La Grande-Bretagne a des prêtres, mais ce sont des sots. Elle compte des pêcheurs, mais ils sont sans vergogne; des clercs, mais ce sont félons et des rapaces ". Il continue le reste de son œuvre en fustigeant tout le clergé, mais sans nommer personne, ce qui rend difficile de bien comprendre l'influence de l'Église sur cette époque en Grande-Bretagne.
Il parle de la bataille de Badon Hill, dernière victoire des Bretons contre les saxons entre 430 et 520, mais ne mentionne pas la présence d'Arthur à la bataille, mais attribue la victoire aux successeurs d'Ambrosius Aurelianus, mais ne nous dit pas lesquels, c'est ce que pense David N. Dumville, ce dernier qui avait ravivé la résistance bretonne contre les Saxons. Les spéculations les plus récentes ont tenté de démontrer que le chef Breton aurait pu être Ambrosius Aurelianus et le chef saxon aurait pu être Ælle de Sussex, roi des Saxons du Sud. Mais je ne je ne peut garantir cette hypothèse.
Gildas parle d'une " forteresse de l'ours " dont certains auteurs ont voulu que ce passage se ramène à Arthur. Mais la traduction exacte nous donne le " réceptacle de l'ours ". Ce dernier s'attache surtout à Cuneglasus, dont Gildas nous dit qu'il conduisait le char du " réceptacle de l'ours". Ici le réceptacle "de l'ours" est plus généralement interprété comme la " maison de l'ours ". En gallois, cela pourrait être Arth ou Din Erth, " Fort de l'ours". Aujourd'hui non loin du manoir de Dineirth s'élève le hillfort de Bryn Euryn. Les spécialistes de la période tendent à l'identifier comme le receptaculum ursi mentionné par Gildas, un ancien Din Arth, la forteresse de Cuneglasus/Cynglas.
Nous pouvons maintenant nous demander pourquoi ce silence de Gildas sur Arthur, pour cela nous devons voir les diverses hypothèses permettant de le comprendre :
- Gildas aurait été un adversaire d'Arthur, qui aurait tué son frère, Hueil, fils du roi Kaw de Strathclyde, qui se serait révolté contre lui, il n'aurait pas parlé de lui par vengeance, mais ce récit venant d'une hagiographie semble suspect;
- Gildas ne connaissait pas le Nord ou du moins approximativement, du fait qu'il aurait selon la tendance actuelle, il écrivit le De Excidio au sud, peut-être dans le Dorset et le Somerset, car il ne semble citer que des dirigeants du Sud, du pays de Galles ou de Dumnonée, avec qui il est en contact et en conflit, d'ailleurs il ne cite jamais de rois du Nord de l'Angleterre et de l'Ecosse, et si le théâtre d'opération d'Arthur se trouvait au Nord de l'Angleterre et en Ecosse, alors il ne le connaissait pas;
- Arthur était si peu connu à l'époque que Gildas n'en avait jamais entendu parler, ou bien ne lui attachait aucune importance;
- Arthur eu maille à partir avec le clergé de son époque, ce qui justifierait le silence de Gildas;
- Arthur aurait-il été le bras armé d'une aristocratie païenne, voire de la caste des druides, si influents dans les sociétés celtiques, ou encore, pourquoi pas, un adorateur de Mithra, dieu des soldats romains qui a semblé un temps devoir l'emporter dans l'empire, même si elle est séduisante, Arthur semble avoir été chrétien;
- Arthur est un personnage mythique, donc comme c'est une création littéraire du 9ème ou du 11ème siècle, Gildas ne pouvait donc pas le connaître.
Bède le vénérable ( 672 - 735), moine et lettré anglo-saxon qui a fait tout sa carrière au monastère de Jarrow et qui fut proclamé docteur de l'Eglise, il est de la période où les récits sur le roi Arthur devaient commencer à circuler, et donc Bède aurait dû parler du roi Arthur, mais rien dans son Historia ecclesiastica gentis anglorum (Histoire ecclésiastique du peuple anglais) n'en fait référence. Bède tire de Gildas son inspiration pour donner sa vision des invasions anglo-saxonnes, et en tire la conclusion que les Bretons perdirent la faveur divine, et que celle-ci fut donnée aux Anglo-saxons après leur christianisation. Il mentionne également la bataille du Mont Badon ( qu'il date de l'époque du règne de l'empereur d'Orient Zénon, entre 474 et 491 ) et Ambrosius Aurelianus.
Enfin, la chronique anglo-saxonne, composée à la fin du 9ème siècle, au Wessex, sous Alfred le Grand, est muette au sujet de la bataille du Mont Badon, et parle encore moins d'Ambrosius Aurelianus et d'un hypothétique Arthur, mais les documents en notre possession montrent un écart de près de 70 ans entre les deux principaux dirigeants anglo-saxons (Bretwaldas) entre le 5ème et 6ème siècles. Les Bretons infligèrent sans doute une sévère défaite aux Anglo-Saxons. Des éléments archéologiques suggèrent que la migration anglo-saxonne est temporairement stoppée. Cela expliquerait amplement le silence de ces chroniques.
La seule raison de croire en l'existence d'Arthur est le fait que des dirigeants Bretons donnèrent le nom d'Arthur à leurs enfants à partir de 550, mais ce n'est pas non plus une preuve valable à son existence, mais cela était peut avoir été fait en souvenir d'un grand chef disparu, mais rien n'est sûr.
J'espère avoir un peu étoffé votre savoir sur les sources de l'époque, merci !

Tags : Dark Ages
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#Posté le mercredi 22 juillet 2009 03:30

Modifié le dimanche 24 janvier 2010 04:47

Un nom, plusieurs solutions

Le nom d'Arthur fait également débat : est-il celte ? Est-il romain ? Sert-il à désigner un dirigeant ? Ou est-ce le nom d'un dieu ?
Les interprétations sont multiples et nous devons toutes les survoler afin de savoir quel sens avait ce nom pour ses contemporains.
Ce nom pourrait être celte, car la plupart des étymologies d'Arthur concluent qu'Arthur serait apparenté au mot utilisé pour " ours ". Arth signifie "ours " en gallois moderne. Dans ce cas là, il pourrait être un surnom. Il faut dire que les Celtes pratiquaient des arts martiaux liés aux animaux. Il y avait des guerriers " ours ", des guerriers " chiens " comme Conan, selon leur technique de combat.
Une autre hypothèse dit que l' " ours " en gaélique, a donné le nom Arthur chez les Irlandais, et la forme Arth, est attestée comme nom chez plusieurs rois. Il a pu être apporté au Pays de Galles par des colons irlandais entre le 5ème et 6ème siècle.
Mais ce nom pourrait être romain. Dans ce cas là, certains déduisirent qu'Arthur était une forme vernaculaire ( brittonique ou galloise ) du nom latin " Artorius ". De telles adaptations étaient fréquentes pendant l'âge brittonique, ce qui laisse supposer que l'Arthur historique vivait à cette époque. Cette hypothèse est confirmée par Goeffrey Ashe : " L'époque romaine tardive fournit des exemples d'unités militaires baptisées du nom des individus : Theodosiani, Honoriaci. L'homme qu'était Arthur pouvait être un Artoriani. Cette force pouvait être restée après sa mort, et les nouveaux membres recrutés, jouèrent un rôle crucial à Badon, et s'effondrèrent dans le conflit interne de Camlann."
Arthur pourrait également désigner un dirigeant celte ou romain. Regardons cela de plus près.
Dans la myhologie celte, l'ours est le symbole de la royauté, et donc Arthur pourrait être un titre royal. Il se rapproche de l'expression ARDD-RI (prononcé Arthi), qui est un des nombreux termes pour signifier " Grand Roi ", aux côtés des Vercingétorix, Vortigern, Riothamus, qu'on a souvent interprété comme de simples noms propres alors que ce sont des titres.
Si c'est le nom d'un dirigeant romain, l'hypothèse d'Helmut Nickel en 1975, s'appuyant sur la connexion Sarmate, nous montre que les descendants des Sarmates en Bretagne, en la mémoire de Lucius Artorius Castus, donnèrent à leurs chefs le nom Artorius dans le sens de " général " et, que durant le 5ème siècle, ce titre fut utilisé par un grand chef Breton.
Si ce n'est pas ces deux hypothèses, Arthur pourrait être un dieu. Cela tient au fait que de nombreuses divinités ours nommés Artos ou Artio se retrouvent dans la mythologie indo - européenne. On peut songer à Artaius, divinité romano-celtique, assez proche de Mercure. Toutefois, on ne connaît aucun dieu ours en Bretagne portant un nom rappelant Arthur.
Mais devant la difficulté du choix, je ne vais pas vous obliger à trouver la solution, car c'est maintenant à vous de trancher.
Merci !
Tags : Dark Ages
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#Posté le vendredi 24 juillet 2009 01:44

Modifié le lundi 25 janvier 2010 01:16

La fonction d'Arthur : une aiguille dans une botte de foin

Quel était le rôle d'Arthur ? Une autre question amenant le débat entre les divers historiens, chercheurs et auteurs et qui nous amène irrémédiablement à voir les fonctions politiques et militaires qu'aurait détenu Arthur.
Il pourrait y avoir un Arthur "précoce" ( entre 460 et 490 ) mais lequel ? Dans ce cas, il est plus cohérent de voir ce dernier comme dans la continuité de ce qui se faisait dans l'Empire romain tardif. Pour le poste occupé par Arthur, nous avons alors le droit à six solutions :
1- Arthur pourrait être un commandant de type romain tardif, l'équivalent du Comes Britanniarum : à la tête d'une troupe mobile de cavalier ce qui expliquerait en grande partie le fait qu'il semble être actif sur une grande partie du territoire britannique. C'est l'hypothèse la plus souvent retenue pour un Arthur historique.
2- Le passage de Nennius nous donne Arthur comme un Dux Bellorum, pouvant signifier qu'il était le successeur du Dux Britanniarum, l'officier qui commandait les forces stationnées aux frontières, notamment celles du mur d'Hadrien. Cette théorie était celle de R.G. Collingwood, mais que Geoffrey Ashe a reprise pour l'accentuer : " Durant la phase ultime de la Bretagne romaine, un des officiers était le " Dux Britanniarum ". Il commandait des unités de cavalerie et avait pour mission de se rendre partout (où le besoin s'en faisait sentir)."
3- Le "chef des batailles" peut désigner un rôle tactique sur le champ de bataille, accordé à un guerrier particulièrement capable, voire à un roitelet local qui ne risquait pas de faire de l'ombre aux autres "rois des Bretons" et qui aurait reçu la charge de coordonner la résistance à l'échelle de toute l'île et de diriger les armées; à la manière d'un magister militum de l'empire romain tardif. Leslie Alcock optait pour cette solution et donnait à Arthur comme quartier général South Cadbury.
4- Arthur pourrait être un simple chef de mercenaires, un "chef de bataille" louant "aux rois bretons" les plus offrants les service de sa troupe d'hommes dévoués. On peut le voir comme un équivalent des condottieres italiens, des chefs d'armées mercenaires, ou du Cid historique, Rodrigo Diaz de Vivar, qui lui aussi est devenu après sa mort un personnage de poésie et de légende, a été pendant une grande partie de sa carrière un chef de mercenaire. Baptiste Legeron en fait un grand propriétaire terrien romanisé ayant constitué, comme c'était alors courant à l'époque, sa propre troupe de buccelaires ( mercenaires à la solde d'une personne riche et payés en nourriture, d'où leur nom (buccelus = biscuit) ), et ayant prêté main-forte aux rois bretons contre les Saxons. En outre, dès le IVe siècle, les corps de buccelaires sont constitués majoritairement de cavaliers.
5- Arthur pourrait avoir été à la tête de l'île, ou d'une partie de l'île ( la province de Britannia Prima ) : dans ce cas, son pouvoir rappellerait celui d'un gouverneur de province, ou encore celui d'un vicarius romain tardif, et bien sûr celui d'un Vortigern à la tête de son conseil, d'un Ambrosius dirigeant l'armée bretonne.
6- Pour certains, Arthur serait une sorte de figure impériale, dont le titre est supérieur à celui des rois. C'est l'hypothèse de John Morris, qui fit d'Arthur le "dernier empereur romain de l'Occident". Pour cette théorie, il utilisa des documents peu fiables et souvent tardifs. On peut également dans ce cas le voir comme l'un des derniers prétendants à l'Empire romain, passé sur le continent après avoir remporté de notables succès en Angleterre et disparu avant d'avoir pu réaliser le vieux rêve breton de la marche sur Rome. Pourtant, on peut trouver une version plus simple. Dans l'Elegie à Geraint, Arthur est nommé "Ameraudur", "c'est-à-dire "empereur", mais aussi "chef de bataille". Cela correspondrait au titre attribué aux généraux romains vainqueurs durant la période républicaine, lors de leur retour de campagne militaire, qui dans la culture populaire est devenu synonyme du titre d'empereur romain.
Mais si il y a un Arthur précoce, il doit peut y avoir un Arthur "tardif" (après 500), probablement, un chef au rayon d'action limité, car il est difficile d'imaginer un commandement unifié dans la Bretagne en décomposition du 6ème siècle. Dans ces conditions, la fonction d'Arthur se baserait sur quatre solutions :
1- Arthur est présenté dans les légendes arthuriennes comme le Pendragon, littéralement "tête de dragon", ou "chef - dragon", le "Haut roi" à la cour duquel se présentent les différents rois de Galles, Norgales, Ecosse ou Cornouailles. Le terme draco semble représenter un titre. Maglocunus reçoit de Gildas le nom d'insularis draco, "dragon de l'île" : il est possible qu'ont ait là une indication d'un titre effectivement porté dans la Bretagne du 6ème siècle, un titre qui annoncerait celui de Bretwalda. Ce titre semble essentiellement honorifique, car l'autorité de Maglocunus ne semble pas avoir été au-delà du Pays de Galles.
2- Arthur est peut être un de ces nombreux roitelets bretons qui passent leur temps à guerroyer les uns contre les autres, au besoin en s'alliant aux Saxons quitte à le regretter amèrement. Mais dans ce sens, cet Arthur là, pourrait amener l'hypothèse qu'il serait l'agglomérat des hauts faits de quelques princes, tous porteurs de la variante du même nom. Les vies de saints gallois, notamment celles de Cadoc, Gildas et Padarn, dépeignent Arthur comme un puissant tyran, un rex rebelis, ayant souvent recours à la tromperie et à la force. Un portrait semblable de celui que donne Gildas, à cinq de ses contemporains où il rappelle leurs vies et leurs actions : Constantin de Dumnonie, Aurelius Caninus, Vortipor des Demetae (aujourd'hui appelé Dyfed), Cuneglasus de la "forteresse de l'ours" (il s'agit probablement de Dinearth, près de Llandudno), et enfin Maglocunus (Maelgwn). Il les déclare tous cruels, cupides et pécheurs.
3- Arthur aurait été un sous -roi, un dirigeant subordonné à un roi, qui utilisait le titre de regulus et de comes. La vie de Saint Caranog, nous dit qu'il dirigeait le Somerset avec Cato ( Cadwy ). Etait-il son subordonné ? Rien ne nous le dit, mais il est permit de l'envisager.
4- Arthur était peut être un simple "tyran local", un personnage ne méritant même pas le titre de roi mais dont la légende s'est répandue. Il doit être localisé dans un tout petit espace, sans doute dans les marches anglo-galloises ou la Cornouailles. Arthur était peut être un machtiern, un notable local servant d'intermédiaire entre la population villageoise et les autorités civiles et ecclésiastiques.
Et si finalement, la fonction d'Arthur était tout simplement mythique. Pour Oliver Padel, Thomas Green et Philippe walter, il n'aurait tout simplement pas existé. Arthur est donc une figure (quasi) mythologique , de nature folklorique, à qui auraient été prêté avec le temps, des traits historiques ou quasi historiques, et particulièrement une série de batailles, certaines réelles, d'autres parfaitement imaginaires. Il semble lié à es régions diverses,on peut en déduire comme Padel que sa légende était universellement répandue. Et les nombreux compagnons qui sont liés à Arthur dans la légende, ont une une origine en dehors du cycle arthurien, auquel ils ont été rattachés ultérieurement.
N.J. Higham lui pense que c'est un héros chrétien breton inventé par Nennius à la ressemblance du prophète Josué qui selon certaines traduction de la Vulgate latine avait le titre de dux belli, "chef des batailles".
Le titre que j'ai donné à cet article, semble tout à fait opportun. Pour la fonction d'Arthur j'opterai plutôt pour le comes ou le dux, mais je n'imposerai pas mon choix. Car c'est maintenant à vous de choisir quelle fonction pouvait revêtir Arthur.
Merci !

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#Posté le lundi 27 juillet 2009 05:44

Modifié le jeudi 28 janvier 2010 01:48

Arthur dans les traditions galloises

Arthur est également présent dans de nombreux manuscrits gallois et surtout bretons. Mais dans ces sources on doit plutôt voir un héros mythique ou un homme sur qui on a accolé des légendes. Ces textes nous proviennent des bardes, que Gildas décrit comme des amuseurs et des flatteurs dans les cours des rois britanniques. Toutes les cours de Galles et de la Bretagne du Nord eurent leurs bardes "à demeure". Les plus célèbres d'entre eux - Aneirin, Myrddin, Taliésin - ont été cités dans des manuscrits tardifs.
Nous devons donc regarder de plus près ces récits traitant d'Arthur pour voir s'ils s'attachent à un Arthur historique ou mythique.
Taliésin semble très prolifique dans les allusions à Arthur. Il semble avoir oeuvré dans le nord de la Bretagne, notamment dans le royaume du Rheged, à la fin du 6ème siècle.Les souverains du Rheged font l'objet de poèmes élogieux portant sa signature. Cinq de ces poèmes mentionnent Arthur, mais tous les poèmes qui lui sont attribués ne sont pas de lui et sont à dater entre 850 et 1150. Ces allusions à Arthur sont très brèves - "le retour d'Arthur", "Arthur le Béni", "le cheval d'Arthur", "la valeur d'Arthur" - et témoignent de la renommée et des prouesses militaires d'Arthur. Le poète n'avait pas besoin d'expliquer qui était Arthur à son public, car il avait la place de ses héros - mythiques et historiques - dans le principal sujet de ses poèmes.
Arthur a une place importante dans le Prieddeu Annw ( "Le butin d'Annfw" ). On pense que ce poème pourrait remonter au 9ème siècle. Il parle de l'expédition d'Arthur vers le pays d'Annw, l'au-delà pré-chrétien gallois. Arthur et ses guerriers partent à la recherche d'un chaudron magique et d'une épée merveilleuse mais l'expédition tournera à l'échec car un petit nombre d'hommes reviendront dans leur pays. Un épisode similaire se trouve dans Culhwch et Olwen, où le chaudron se trouve en Irlande. Cette histoire trouve sans doute ses origines des thèmes celtiques des "raids sur l'au-delà".
D'autres poèmes de Taliésin désignent Arthur. C'est le cas du Kader Teymon ( "Le chef souverain" ), où il est fait allusion à une bataille à laquelle participe Arthur et où il est blessé au visage. Sa fonction est celle de Guledig ( fonction bretonne ou romaine ? certains pensent au Dux Britanniarum ), et il viendrait de "la frontière renommée". Est-ce une allusion au Mur d'Hadrien ? Ou un simple effet de style ? Il y a également le "Marwnat vthyr pen[dragon]" ( "L'Élégie de Uther Pen [dragon ]"), qui se réfère à la vaillance d'Arthur et semble évoquer une relation père - fils entre Arthur et Uther. Ces textes commencent à donner de pistes sur les sources qui auraient pu servir à Geoffroy de Monmouth.
Les autres sources nous permettant nous permettant d'accentuer nos recherches sont une vastes collection de poèmes intitulé Trioedd Ynys Prydein ( "Les Triades de l'île de Bretagne"). Les plus anciens manuscrits datent du 13ème et 14ème siècle, eux-mêmes fondés sur des recueil du 11ème et du 12ème siècle. Ces poèmes incluent une tradition orale plus ancienne.
Les Triades présentent Arthur comme "prince chef" ( Pen Teyrnedd ) de l'île, régnant sur le pays de Galles, la Cornouailles et la Bretagne du Nord depuis sa cour cornique de Celliwig. Loué pour ses dons de guerriers, n'est-il pas l'un des trois grands ravageurs de l'île de Bretagne ? Il est servi par des hommes tels Cei et Bedwyr et a pour rival le roi Marc ( Marc de Cornouailles ), dont il tente de voler les porcs, mais la vigilance de Tristan, porcher du roi Marc l'en empêche. Dans une des Triades ne supportant pas de ne pas être le seul à protéger l'île, Arthur s'en prend à la tête de Bran. Arthur ne semble pas toujours vainqueur, puisque dans une autre Triade, il fait un séjour en prison, même si elle fait partie d'un des trois enchantements de l'île. Cinq Triades mentionnent Camlann, la dernière bataille d'Arthur qui semble ici lié à ses démêlés avec Mordred. Les Triades mélangent le mythique à l'historique, et le portrait d'Arthur y est changeant, car il y est décrit comme un bon et mauvais dirigeant. Ces textes ont sans doute inspiré Geoffroy et la littérature arthurienne.
Arthur apparaît également dans d'autres poèmes et notamment dans le Livre Noir de Carmarthen, qui daterait du 11ème siècle, même si les manuscrits que nous avons datent du 12ème siècle. Dans Eynglynion y Beddau ( "Le couplet des tombes"), un poème sur les sites funéraires des héros gallois, il est dit que la tombe d'Arthur est un grand mystère car personne ne sait où elle se trouve. Il se peut très bien qu'on ne sait pas où il est enterré si cela s'est fait en grand secret. On peut opter pour un personnage mythique, car s'il n'a pas de tombe il aura une figure messianique. Dans d'autres poèmes, il est le père de Llachau, tandis que dans le "cri de l'hôte des guerriers d'Arthur" il est utilisé comme une comparaison poétique.
Arthur fait une simple apparition dans un poème, sans titre, dont le premier vers est Pa gur yv y porthaur ? ( "Quel homme est-ce gardien ?"). C'est un dialogue entre Arthur et le portier d'une forteresse, Glelwyd Gafaelfawr. Ce portier défend la forteresse contre Arthur et ses hommes. Arthur doit se présenter, mais aussi ses hommes, et notamment la bravoure de Cei et Bedwyr. On y trouve la mention du Cath Palug ( " le chat de Palug" ), tué par Cei, Uther pendragon et Emrys Wledig (Ambrosius Aurelianus). Et la présence de dieux celtes comme Mabon, fils de Modron ( Apollon Maponius ), Manawydan, fils de Llyr ( Manannan ) et Lluch Lamhfadjan ( Lug ). Peu de cour royale brille d'un tel éclat. Ce passage rappelle celui de La Seconde bataille de Mag-Tured où Lug est obligé de se présenter devant Tara pour qu'on lui ouvre. Ou bien on peut y voir un chef de guerre essayer de négocier son entrée, mais le côté mythique du récit est plus évident.
Nous devons finalement voir les Mabinogion. Il s'agit d'une erreur de transcription, et aujourd'hui les spécialiste préfèrent le terme Mabinogi. Ce sont des contes gallois. Le plus ancien conte arthurien est Culhwch et Olwen. La copie manuscrite la plus ancienne date de juste avant le 11ème siècle. Dans ce récit Arthur va aider son "parent",Culhwch à gagner Olwen, la fille du géant Ysbaddaden ui impose à tous les soupirants douze épreuves surhumaines avant que l'heureux élu puisse prétendre à la main de sa fille. Tel Hercule Arthur devra affronter le sanglier magique Trwyth, et partir à la découverte d'un chaudron magique lui aussi, où sera cuisiné le repas de noce. Le château d'Arthur y prend forme, que les habitants du village de Cadbury près de Glastonbury ( Somerset ) revendiquent son emplacement. Arthur y apparaît comme le héros d'un "récit merveilleux", accompagné de ses compagnons, notamment Cei et Bedwyr, voguant sur son navire Pryden. Certains veulent y voir des expéditions en Ecosse et en Irlande, sinon dans la Cornouailles. Mais ces récits ressemblent plus à ceux des dieux irlandais ou des héros gallois comme Bran.
Breuddwydd Rhonabwy ( "Le rêve de Rhonabwy") est un autre conte arthurien souvent associé aux Mabinogi, datant du 12ème siècle. Le récit est celui du voyage fictif du personnage de Rhonabwy, parti à la recherche de son frère le roi de Powys, Madog ap Marredudd ( 1130 -1160 ). La nuit, il reçoit une "vision" qui le transporte au temps d'Arthur. Il trouve Arthur et ses hommes campant en attendant la bataille de Badon. Arthur est plongé dans un jeu de dame avec Owain ab Urien, et il n'arrive pas à s'en arracher malgré les messages lui annonçant sont en train d'être massacré par les corbeaux d'Owain ! Une trêve est conclue et la bataille n'aura pas lieu, et Arthur part en Cornouailes rassembler ses forces. Là dessus, Rhonabwy se réveille. C'est un poème qui donne d'Arthur un visage mauvais, mais peut être sert-il seulement à donner une morale au lecteur. Malheureusement l'auteur ne nous donne pas le but de ce rêve.
Alors on peut se demander si à travers ces récits Arthur n'est pas le mythique roi des chasseurs entouré par ses compagnons, partant à la chasse et à l'aventure, osant aller dans l'autre monde pour conquérir l'univers. Ou un Arthur historique qui a pu voir les récits des dieux et héros celtes lui être accolé.
Maintenant à vous de voir si tout est mythique dans ces récits, ou s'il y a quelques informations permettant de trouver l'Arthur historique ?
Merci !
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#Posté le jeudi 30 juillet 2009 04:21

Modifié le dimanche 31 janvier 2010 12:05

La conspiration barbare

Un des événements concernant la Bretagne permet de comprendre ce qui a changé dans cette province romaine et c'est la "conspiration barbare" de l'année 367. Notre principale source sur le sujet est Ammien Marcellin.
Cet événement connaît des précédents : en 360, les Pictes d'Ecosse et les Scots d'Irlande reprirent leur pillages contre la zone frontalière. Julien envoya contre eux le général Lupicin qui rétablit la situation. La menace fut considérée comme sérieuse, car malgré le mur d'Hadrien et les forts de la Rive Saxonne, la défense de la Bretagne romaine contre ses ennemis s'avérait problématique. En 364, ils réitérèrent leurs menaces, cette fois accompagnés par les Attacotti, qui viennent sans doute d'Irlande,et des Saxons. On ne connaît pas la réaction romaine. C'est une situation qui rappelle l'appel de Vortigern à des mercenaires Saxons pour défendre le mur d'Hadrien contre les Pictes. Le terrain était mûr pour un attaque de plus grande envergure.
L'année 367, Valentinien 1er est en Gaule du Nord, à Amiens, quand il apprend la situation de la Bretagne et les nouvelles ne sont pas bonnes : plusieurs groupes barbares se sont associés pour lancer une attaque concertée; les Pictes, les Attacotti et les Scots dévastèrent une grande partie de la Bretagne tandis que les Francs et les Saxons ravageaient les côtes gauloises. Alléchés par des promesses de butin, les espions placés à la frontière, les arcani, avaient abandonné leurs postes, parfois même pour s'allier aux barbares. Les désertions furent nombreuses et des bande de pillards sillonnèrent le pays sans rencontrer de résistance. Une guerre à la fois sur terre et sur mer a peut être pris de cours les troupes présents en Bretagne.
Cette attaque concertée est si bien menée que Kenneth O. Morgan et Peter Salway se demandent s'il n'y eu pas un chef pour toutes les coordonner. Ce fut sans doute un chef assez remarquable pour retenir les nouvelles jusqu'à Rome. Un chef barbare avec des habilités militaires et diplomatiques certaines. C'est peut être Crimthann mac Fidaig, Ard ri Érenn - Haut roi d'Irlande - du IVe siècle, entre 365 et 376. Selon les récits médiévaux irlandais il aurait réalisé des conquêtes en Bretagne et en Gaule. Certains avancent que c'est Valentin - exilé Pannonien qui provoqua une révolte en Bretagne en 369 - qui en serait l'auteur, mais j'épouse moins cette théorie. Kenneth O. Morgan, avance que ce pourrait être un chef Germain travaillant dans les garnisons de Bretagne qui aurait convaincu un chef barbare de mener les opérations. Le chef ou les chefs n'étant pas nommés, on ne peut avancer que des théories.
Ammien Marcellin a peut être transformé une série de hasards en une "conspiration barbare" pour montrer que Rome savait réagir à des attaques de grande échelle sur son territoire.
La présence des Francs et des Saxons sur la côte de la Gaule a ralenti la propagation des nouvelles arrivant en Bretagne et donc la réaction romaine à ces nouvelles.
La situation est encore plus inquiétante quand on apprend que Nectaridus, le comte de la région maritime est tué et que le duc des Bretagnes Fullofaude a été capturé dans une embuscade. La perte de ces deux officiers est un sérieux coup infligé au prestige impérial.
Valentinien 1er se devait de réagir immédiatement. Il envoya des troupes d'élites commandées par Théodose l'Ancien, père du futur empereur du même nom, dont Ammien Marcellin nous dit qu'il " était connu par les plus brillants succès ". Cet officier d'origine espagnole semble avoir seulement détenu le titre de général ( dux ) et son autorité semble s'étendre sur la Bretagne entière. Il peut également avoir eu un commandement extraordinaire à l'image de ce Sévère, Comte des Domestiques, envoyé en premier en Bretagne ou de Jovin, Magister sous Julien. Mais nous n'en savons rien et Ammien Marcellin n'en dit pas plus sur le sujet. Cette troupe s'élevait entre 2000 et 3000 hommes. Ce sont quatre unités de comitatenses, (Batavii (hollandais), Heruli (Allemands), Jovii et Victores). Son fils, le futur empereur Theodosius I (379-395) vint avec lui.
Il était sans doute au courant que les Barbares s'étaient divisés en petite bande pour piller la province, surtout la campagne, moins protégée que les villes. En 368, Théodose débarqua à Richborough et avança sur Londres et se débarrassa des pillards alourdis par leur butin les poursuivant jusqu'à la mer.
Il promet également aux déserteurs repentis l'amnistie et récupère l'ensemble des villes et des places fortes. La situation rétablie, Théodose commence alors à réorganiser la Bretagne pour éviter de nouveaux troubles, c'est ce que nous verrons dans un nouvel article.
J'espère vous avoir donné une vision de la situation assez claire. Merci !

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#Posté le mardi 11 août 2009 02:32

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 08:41

La restauration de l'ordre romain en Bretagne par Théodose l'Ancien

Théodose l'Ancien n'était pas seulement là pour chasser des bandes de pillards, mais il venait également au nom de l'empereur Valentinien 1er "restaurer l'ordre romain" en Bretagne. Notre principale source d'information est Ammien Marcellin.
Théodose l'Ancien commence à partir de 368 ou 369 un programme général de restauration, apparemment sur une grande échelle. Le but de ce programme est la la reconstruction des défenses de la Bretagne.Pour cela il a besoin d'hommes capables. Théodose sollicita l'envoi en Bretagne comme lieutenant des préfets, dans d'autres traduction vicaire des préfets ou recteur de Bretagne pour les préfets, d'un nommé Civilis, " un homme très capable et plein de droiture ", et de Dulcitius, un général ( dux ) " qui avait fait preuve de ses talents militaires " . Théodose créa enfin une nouvelle province du nom de Valentia, en l'honneur des empereurs régnants Valentinien 1er et Valens. Elle s'étendait pense-t-on entre le mur d'Hadrien et le mur d'Antonin.
Ammien raconte que Théodose "restaura les villes et les forts" des provinces. Nous avons des signes de reconstruction dans les forts du nord. La côte nord-est de la Bretagne vit s'élever de nouvelles constructions. Toute une série de tours de guet furent construites à cette époque pour prévenir les forts voisins en cas de raids pictes arrivant par la mer. Il existait sur la côte nord-ouest des postes similaires qui avaient été abandonnés au 2ème siècle, mais des traces archéologiques attestent que des forts côtiers de Cumbrie furent reconstruits durant cette période pour protéger la région contre les incursions ennemies venant de l'autre côté du mur d'Hadrien.
Certains forts de l'ouest furent restaurés pour servir aux opérations militaires à l'arrière, et la présence militaire est maintenue sur un certain point dans les côtes. C'est le cas du réseau côtier du Pays de Galles du nord avec un fortin à Caer Gybi ( Holyhead ) sur l'île Angelsey et des séries de forts ( Caer ) et de tours de signal le long de la côte Galloise à Hen Waliau (Caernafon), Bangor, Braich y Dinas, Caerhun, Deganwy, Varis (St Asaph) et Pentre. Je devrais également signaler que Tintagel en Dumnonée a sans doute fait partie de cette réorganisation, mais je n'irai pas plus loin.
Une autre réforme de Théodose est l'abandon et la suppression des vici pour dégager les abords des camps. Ce sont des agglomérations civiles à l'extérieur des castrum , où l'on trouvait les familles des soldats , les commerçants, les artisans, les différents lieux de cultes, et éventuellement des paysans. Dans les graves événements de 367 et 369, les vici furent pillés et anéantis. La fonction essentiellement militaire du fort tend à disparaître au profit d'une agglomération mixte. A partir de là, le fort et la ville finissent par se confondre.
Cette confusion entraîne une évolution sémantique du nom même de l'agglomération, que l'on retrouve chez Nennius . On peut y voir la création de la ville fortifiée, mais il faut être prudent. Le mot castrum a finit par donner en langue britonnique 'Cair-', 'Caer-', 'Car-'.
Dans le sud de la province, les villes de marché, touchées elles aussi par les raids finissent par s'entourer de murailles.
Le changement le plus important se situe dans les relations avec les tribus du nord, contiguës au mur d'Hadrien. Ces tribus ont maintenant une relation amicale avec Rome, du fait de leur statut de Foederati ( Fédérés ), et sont chargés d'assurer la sécurité des forts du nord. Ils se battrons sous la bannière de Rome tout en gardant leur autonomie. Les Votadini semblent avoir établit une relation privilégiée avec Rome permettant d'assurer la carrière d'hommes comme Paternus, le grand-père de Cunedda. La présence du mot celtique pesrut ( à la grande cape rouge ) dans les généalogies de rois Gallois et Ecossais suggère que Rome avait transféré l'autorité impériale à des rois clients semi-autonomes ayant reçus le titre de praefecti ( préfet ). Ils obtinrent également l'abolition des arcani par Théodose.
Comme nous pouvons le voir la réorganisation de la Bretagne par Théodose est à la fois administrative et militaire, afin de rétablir l'ordre dans cette province très remuante. Nous verrons dans un prochain chapitre la révolte de Valentin.
J'espère vous avoir guidé du mieux que j'ai pu, merci !




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#Posté le vendredi 14 août 2009 03:03

Modifié le dimanche 06 septembre 2009 08:31

Ses archives (1 439)

  • La conspiration barbare mar. 11 août 2009
  • La restauration de l'ordre romain en Bretagne par Théodose l'Ancien ven. 14 août 2009
  • La révolte de Valentinus lun. 17 août 2009
  • Le songe de Magnus Maximus jeu. 20 août 2009
  • La chute de Magnus Maximus mer. 26 août 2009
  • Marwnad Cynddylan ( Elégie pour Cynddylan ) lun. 31 août 2009
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